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L'emploi salarié résiste dans un contexte difficile
information fournie par Boursorama avec AFP 30/07/2026 à 13:17
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( AFP / SEBASTIEN DUPUY )

( AFP / SEBASTIEN DUPUY )

L’emploi salarié dans le secteur privé en France n’a que très légèrement reculé au deuxième trimestre (-0,1%), a rapporté jeudi l'Insee malgré un contexte macroéconomique très incertain, tandis que l'intérim est à la peine, ce qui pénalise les jeunes.

Quelque 19.300 emplois ont été perdus, malgré un léger rebond de la croissance (+0,2%).

En baisse sur un an pour le sixième trimestre d'affilée, l'emploi salarié dans le secteur privé se situe 0,4% en dessous de son niveau de juin 2025, avec 79.700 postes détruits sur un an, mais excède encore d'un million d'emplois, soit 5%, son niveau de fin 2019, avant la crise sanitaire du Covid.

"Ça correspond à une légère reprise de la productivité qu'on a observée depuis maintenant 2023", alors que la production par heure travaillée avait baissé suite à la crise sanitaire, explique à l'AFP Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Avec 0,4% d'emplois en moins et une croissance du PIB à 0,7% en glissement annuel au deuxième trimestre, ce gain de productivité est de 1,1% sur un an, calcule l'économiste.

L'emploi intérimaire, souvent considéré comme un indicateur de la tendance à venir du marché du travail, diminue plus fortement qu'au premier, de 1,4% contre 0,4%, détaille l'Institut national de la statistique.

"C'est un indicateur qui va nous dire que l'emploi des jeunes ne viendra pas", explique à l'AFP Nathalie Chusseau, professeure d'économie à l'université de Lille. Elle rappelle que "le chômage des jeunes avait fortement augmenté sur les derniers trimestres" et estime que "ça va continuer".

"Deuxième mauvaise nouvelle, on a une baisse de l'emploi salarié dans la construction", qui affiche une baisse de 0,4% sur le trimestre, soit 6.100 emplois de moins, et de 1,4% sur un an, alors que ce secteur est "un élément majeur pour relancer la croissance", souligne cette économiste.

L'industrie perd 3.200 emplois (-0,1%), l'agriculture 2.500 (-0,8%), tandis que le tertiaire marchand hors intérim est stable. En revanche, 2.100 emplois ont été créés dans le tertiaire non marchand (+0,1%).

"Ajustement progressif"

Cette quasi-stabilité de l'emploi survient sur fond de léger rebond de la croissance, à +0,2% au deuxième trimestre, tirée par les exportations et la consommation des ménages, dans un contexte international très incertain marqué par une grande volatilité des prix du pétrole.

Mathieu Plane y voit la poursuite d'un "ajustement progressif du marché du travail".

L'évolution de l'emploi "n'est pas bonne, mais ce n'est pas catastrophique au regard du contexte" avec notamment "le blocage du détroit d'Ormuz, les effets des canicules, la consolidation budgétaire, l'incertitude politique nationale, la remontée des taux" d'intérêt, estime-t-il.

La quasi-stabilité de l'emploi salarié est cohérente avec la légère hausse du nombre d'inscrits à France Travail rapportée mardi par le ministère du Travail, due pour partie à l'enregistrement d'office, depuis janvier 2025, des allocataires du RSA.

L'Insee publiera le 28 août des chiffres consolidés pour le deuxième trimestre comprenant aussi des données sur l'emploi public et l'emploi non salarié.

Au premier trimestre, la très légère croissance de l'emploi salarié total (+0,1%, soit 16.000 emplois supplémentaires sur le trimestre) avait été tirée par l'emploi non salarié, notamment les auto-entrepreneurs, qui avait progressé de 0,6%, soit un gain de 20.900 emplois.

Avant cela, le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) sera connu le 7 août. Il est passé de 7,1% début 2023 à 8,1% début 2026 et pourrait atteindre 8,2% au deuxième trimestre, selon Mathieu Plane. Très loin de l'objectif de 5% - dit de "plein emploi" - fixé par Emmanuel Macron pour la fin de son deuxième quinquennat.

1 commentaire

  • 14:17

    L'emploi dans le secteur privé a encore baissé. C'est la confirmation de la poursuite de la perte de compétitivité de l'économie française sous la présidence de Macron. Vraiment pas de quoi pavoiser.


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